Les mauvaises gens d'Etienne Davodeau
Par Gilles Laborderie, mercredi 31 août 2005 à 14:00 :: Chroniques :: #259 :: rss
Ca y est, la rentrée est là et avec elle, une avalanche de nouveaux livres déferle sur les étalages des librairies. Parmi les plus intéressants, on trouve notamment le nouvel album d'Etienne Davodeau qui - après Rural publié en 2001 - revient à la bande dessinée de reportage chère à son coeur. Dans Les mauvaises gens, l'auteur aborde le monde ouvrier et l'histoire du syndicalisme dans la région des Mauges dans le Maine et Loire entre Angers et Cholet.
En s'appuyant sur l'exemple de ses parents, il nous montre le parcours de jeunes gens rapidement obligés de quitter l'école et dont l'éducation se forge entre l'église et l'usine (à ce titre, la couverture est explicite). Chronologiquement, mais pas seulement, Davodeau décrit la vie à l'usine et les efforts d'émancipation à travers des activités organisées autour des jeunesses catholiques, puis plus tard du militantisme syndicale et de l'engagement politique. Ponctué de références historiques et sociales (Mai 1968, la guerre en Algérie, l'élection de Mitterand, etc.), le récit de Davodeau parvient à travers l'exemple particulier d'une famille à illustrer le plus large essor du militantisme et du socialisme dans une région conservatrice.
Ce qui est extrèment intéressant dans cet album, c'est également la façon dont Etienne Davodeau utilise les spécificités de son moyen d'expression, la bande dessinée et plus largement le dessin - pour se différencier d'autres formes plus classiques de reportage (écrit, photographique ou télévisé par exemple). Je pense notamment aux scènes où Davodeau se montre en train de recréer en dessin les ateliers où travaillait sa mère à partir des descriptions qu'en fait cette dernière. Mais aussi, l'utilisation combinée au sein d'une case, de texte et d'images pour appuyer un élement du discours ou au contraire s'en détacher.
Bref, cet album est une vraie réussite qu'il convient de saluer.
Commentaires
1. Le mercredi 31 août 2005 à 18:23, par effer
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