vendredi 30 avril 2004

Les petites choses #2

Les petites choses #2 - Gilles

Achat BD du jour : La vie de Victor Levallois T.4 de Stanislas et Rullier (Les Humanoïdes Associés) et Le combat ordinaire T.2 de Manu Larcenet (Dargaud).

Les blogs, ça poussent comme des champignons. En voilà un très bon : il s'agit de celui de Fafe, auteur chez le Groinge (merci à june pour le lien).

mercredi 28 avril 2004

Deux trois trucs en plus.

J'ai rajouté quelques liens dans la colonne de gauche (Matthieu Forichon, Jonathan Larabie, Top Shelf Productions, ActuaBD, du9 et Indy Magazine) et j'ai mis à jour mes dernières lectures en haut à droite de la page. Ce n'est pas vraiment du matériel neuf, mais ma chronique de La ligne de front de Manu Larcenet a été publié sur l'excellent site du9 (merci à Jessie Bi). Enfin, je vous signale que Jonathan Larabie a repris son journal de bord depuis quelques jours. Moi, j'aime beaucoup.

Les petites choses #1

Les petites choses #1

Ne vous laissez pas tromper par le "#1", il est possible que cela reste sans suite. Ou ça peut continuer, si les idées me viennent. Ca s'appelle "Les petites choses" comme "les petites choses de la vie". Le titre s'est imposé de lui même et après vérification sur Internet, j'ai trouvé que le titre complet était déjà pris. Ca tombe bien, je trouve que la version courte sonne mieux.

Ah oui, j'oubliais : c'est encore de l'autobio en noir et blanc. Quel originalité... ;)

mardi 27 avril 2004

Indy Magazine printemps 2004 en ligne

Indy Magazine printemps 2004Bill Kartalopoulos vient de mettre en ligne le nouveau numéro d'Indy Magazine. Pour ceux qui l'ignorent, il s'agit d'un magazine Web sur la BD publié par Jeff Mason, l'éditeur d'Alternative Comics et réalisé par Bill Kartalopoulos, webmaster du site d'information Egon. Comme Bill l'indiquait dans son éditorial du 21 janvier 2004, Indy Magazine traite plus de la Bande Dessinée en tant que medium que de l'industrie de la BD. Il privilégie donc les articles de fond aux brêves d'actualité.

Au sommaire de ce nouveau numéro, vous trouverez donc plusieurs articles autour de City of Glass, l'adaptation en BD par Paul Karasik et David Mazzuchelli du roman éponyme de Paul Auster, avec notamment une longue analyse sur le langage graphique de l'album, une interview de Paul Karasik et une autre de David Mazzuchelli ainsi que l'introduction signée Art Spiegelman de la nouvelle édition qui sortira cet été chez Picador USA. Mais ce n'est pas tout puisque Bill a également interviewé Françoise Mouly à propos de la collection Little Lit dont je vous parlais vendredi dernier.

L'homme sans talent - Tsuge - Ego Comme XVous trouverez d'autres articles dans ce numéro ainsi que la critique que j'ai rédigé sur L'homme sans talent de Yoshiharu Tsuge paru chez Ego comme X en janvier dernier (que les non-anglophones se rassurent, je travaille actuellement sur la traduction française de l'article). En tous les cas, un frisson a parcouru mon échine lorsque j'ai vu mon nom apparaître au côté de personnes comme Art Spiegelman et Tom Hart dans la liste des contributeurs (allez-y mollo sur les vannes ;) ). Je tiens d'ailleurs à vivement remercier Bill Kartalopoulos de m'avoir proposé de participer à ce numéro d'Indy Magazine.

L'autre nouvelle du jour, c'est que j'ai enfin réussi à acheter le neuvième numéro d'Optic Nerve d'Adrian Tomine. Je vais le lire mais comme il faut attendre près de 3 ans entre chaque numéro, je vais prendre mon temps. J'ai également acheté le quatrième volume des Scketchbook diaries de James Kochalka. Il s'agit d'une compilation de strips autobiographique réalisés entre le 16 janvier 2002 et le 29 janvier 2003 à raison d'un strip par jour. A noter que l'auteur les met en ligne tous les jours sur son site. La version papier est éditée par Top Shelf Productions.

Conversation #1 - Kochalka - Thompson - Top Shelf ProductionsA ce propos l'éditeur annonce quelques titres particulièrement intéressants pour cet été : un recueil de tous les scketchbooks diaries de Kochalka, Carnet de voyage (en français dans le texte) de Craig Thompson où il raconte son voyage en France, Espagne et au Maroc, Same difference & other stories de Derek Kirk Kim et enfin, Conversations #1, un album réalisé à 4 mains par Kochalka et Thompson où les deux auteurs discutent d'art et de religion. Sans avoir vu le résultat, ça me rappelle un peu le petit album Friture d'Ibn Al Rabin, Frederik Peeters et Andreas Kündig. Au passage, c'est édité par Me Myself et je vous le recommande vivement. D'autant que ça ne coûte qu'un euro.

Du côté des BDs en ligne, Matthieu Forichon poursuit La clé du château rose, et Everland a terminé La planète. Et pour finir, je vous signale l'ouverture du blog de Nancy Peña, l'auteur du magnifique Cabinet chinois chez la Boîte à bulles.

vendredi 23 avril 2004

Little Lit : Strange Stories for Strange Kids

Little Lit : Strange Stories for Strange KidsJe mets rarement les pieds chez des soldeurs de livres mais quelle ne fut pas ma surprise, le weekend dernier, d'y trouver un exemplaire de Little Lit : Strange Stories for Strange Kids pour 4 euros alors que le prix ordinaire est de 19,95 dollars et que je l'aurais donc payé au moins 25 euros en import (@#% de distributeur qui ne répercute pas la baisse du dollar). Pour ceux qui ne connaissent pas cet album, il s'agit du deuxième volume d'une anthologie annuelle composée d'histoires pour enfants. L'ensemble est supervisé par Art Spiegelman (auteur de Maus et éditeur de la revue RAW) et sa femme Françoise Mouly (directrice artistique de la revue The New-Yorker).

Dans ce deuxième recueil, on trouve des travaux de Spiegelman, SendakFeiffer ainsi que Loustal (sur un scénario de Paul Auster) et Trondheim. Le tout est ambitieux et de très grande qualité. Même en étant largement au dessus de l'âge du public visé, j'ai pris plaisir à lire ce livre et je vais me mettre à la recherche des autres albums de la série (Little Lit: Folklore & Fairy Tale Funnies with Gameboard paru en octobre 2000 et Little Lit: It Was a Dark and Silly Night... paru en août 2003).

Oblivion - David Bolvin - CharretteA part ça, vous avez sûrement remarqué l'avalanche de nouveautés qui vient de débarquer cette semaine en librairie. Tout d'abord, j'ai acheté deux albums des sympathiques éditions Charrette : il s'agit du superbe Café Panique d'Alfred dont j'avais déjà eu l'occasion de voir quelques pages et d'Oblivion de David Bolvin (en exposition sur Bulledair). Ensuite, j'ai acheté un nouvel album de Yoshihiro Tatsumi chez Vertige Graphic et Sanctuaire, un Batman de Mike Mignola en noir et blanc chez Rackham. J'ai également acheté Passer l'hiver de Marc Lizano et Vincent Rioult chez la Boîte à bulles dont j'ai souvent parlé sur BDnews.net. Enfin, j'ai acheté le deuxième tome de Une aventure de Philibert de Mazan chez Delcourt et le dixième numéro de la revue 9e Art aux Editions de l'An 2 (le sommaire est très alléchant).

Aïe, tout ça fait mal au porte-monnaie surtout que les "indépendants" ont tendance à être assez chers. Mais bon, la qualité, ça se paie mon bon monsieur. :) Remarquez, faudra quand même que j'y retourne car il y avait d'autres albums qui me tentaient bien.

jeudi 22 avril 2004

Les nominations pour les Harvey Awards 2004

2004 Harvey Award NomineesSi vous avez lu mon billet du 9 avril, vous devez vous souvenir que suite à la disparition des Kirby Awards en 1987, deux groupes de récompense avaient été créées : d'une part les Eisner Awards dont les nominations ont été annoncées il y a 2 semaines et de l'autre les Harvey Awards dont les nominations viennent de tomber. Les prix seront attribués le 26 juin prochain dans un nouveau musée consacré à la Bande Dessinée à New York :  le Museum of Comic and Cartoon Art qui ouvrira ses portes au public en octobre 2004.

Tout comme les Eisner Awards, il y a beaucoup de catégories (20 au total) mais les nominations semblent plus alternatives. En particulier, Charles Burns est nominé 6 fois (Best Artist, Best Cartoonist, Best Continuing or Limited Series, Best Single Issue or Story, Best Inker et Best Cover Artist) et Jaime Hernandez 7 fois (Best Writer, Best Artist, Best Cartoonist, Best Continuing or Limited Series, Best Single Issue, Best Graphic Novel of Previously Published Work et Best Inker). A noter également, la triple nomination de Craig Thompson (Best Artist, Best Cartoonist et Best Graphic Album of Original Work). Du côté de la catégorie Best American Edition of Foreign Material, on échappe à Blacksad et sont nominés : Bloody Streets of Paris de Tardi, 5 is a Perfect Number d'Igort, Icaro de Taniguchi et Moebius, Iron Wagon de Jason (ma préférence personnelle) et Persepolis de Marjane Satrapi.

Pour tout savoir sur les Harvey Awards, la liste complète des nominés et les gagnants des éditions précédentes, je vous renvoie à leur excellent site.

mercredi 21 avril 2004

Chute de vélo - Etienne Davodeau

Chute de vélo - Davodeau - DupuisRécemment, j'ai lu Chute de vélo, le nouvel album d'Etienne Davodeau paru dans la collection Aire Libre de Dupuis. Je n'avais pas été convaincu par son précédent Ceux qui t'aiment chez Delcourt mais j'ai pris beaucoup de plaisir à lire Chute de vélo.

Difficile de raconter ce qui relève plus d'une chronique familiale mais disons qu'on suit une famille qui profite de l'été pour venir remettre en état la maison de la grand-mère avant de la mettre en vente. Pendant que les adultes travaillent, les enfants sont fascinés par les relations conflictuelles d'un maçon et de son arpette sur le chantier de la maison d'en face. Avec les jours qui passent, c'est la vie qui s'écoule ponctuée des petits riens ordinaires qui composent le quotidien. Mais c'est aussi l'occasion pour certains éléments du passé de remonter surface.

A partir de cette situation, Davodeau crée un album de 76 pages tout en finesse où il fait preuve d'une grande maîtrise du découpage et de la narration. En effet, même si l'histoire est sympathique et fait résonner en nous des situations déjà vécues, c'est surtout la narration graphique de Davodeau qui m'a séduit dans Chute de vélo. A ce titre, la couverture annonce la couleur avec une image toute simple mais très bien composée d'une petite rue tranquille. Même sans personnage apparent, cette couverture accroche le regard et donne envie d'en avoir plus.

Extrait de la page 3A l'intérieur, c'est tout le talent de mise en scène de Davodeau qui apparaît. En particulier, il n'a pas son pareil pour raconter des scènes ordinaires sans être ennuyeux et ce grâce à des plans variés mais toujours réalistes (pas de plongée/contre-plongée gratuite ni d'effet de cadrage). Davodeau a également un don pour les dialogues qu'il sait rendre naturels et vivants. Mais il sait également s'en passer lorsque l'histoire n'en a pas besoin, comme par exemple, dans une magnifique séquence où Toussaint, l'ami de la famille, contemple silencieusement Jeanne en train de dormir. Toute cette séquence (page 53, 54 et 55) illustre d'ailleurs l'habilité de Davodeau pour la narration graphique.

Bref, sans être un chef d'oeuvre, Chute de vélo est un très bel album qui prouve - s'il en est encore besoin - que la Bande Dessinée est un medium versatile qui peut convenir à de multiples genres.

Chute de vélo - Etienne Davodeau - Dupuis

lundi 19 avril 2004

Alias Volume 4 : The secret origins of Jessica Jones

Alias TPB 4 : Bendis - Gaydos - MarvelCeux qui me connaissent savent tout le bien que je pense du comics Alias de Brian Michael Bendis et de Michael Gaydos. Et bien, le quatrième et dernier TPB (Trade Paper Back) vient de sortir en version originale et il conclue magistralement la série. Il reprend les épisodes 22 à 28 ( les story-arcs The secret origins of Jessica Jones et Purple ) où le passé de Jessica Jones est enfin révélé. Loin d'un dénouement à la XIII, on découvre enfin ce qui avait conduit Jessica à abandonner sa carrière de super-héros. Je n'élaborerai pas davantage car je ne veux pas vous gacher le plaisir de la lecture mais je peux vous dire que Bendis fait preuve d'un grand talent d'écriture pour faire peu à peu monter la pression et pour faire partager le traumatisme vécue par Jessica. Sous une apparence assez quelconque, le vilain qu'il est met en scène est véritablement terrifiant : imaginer quelqu'un qui puisse imposer sa volonté de manière instantanée sur quiconque l'entourant. Ca peut sembler assez banal dans un comics de super-héros mais quand Bendis raconte qu'ayant trouvé le restaurant il déjeune trop bruyant, il ordonne froidement à tous les personnes présentes de cesser de bouger, parler et respirer pendant la durée de son repas, entrainant ainsi la mort par asphyxie des hommes, femmes et enfants présents, ça donne froid dans le dos, non ?

D'un point de vue graphique, il est intéressant de noter la participation des dessinateurs Mark Bagley (Ultimate Spider-Man) et Rick Mays (Spider-Man Unlimited) pour dessiner les nombreux flash-backs de cet album. Leurs styles contrastent fortement avec celui de Gaydos et accentuent la distinction entre la vie super-héros et la vie détective de Jessica  Jones. Le dessin de Gaydos est toujours puissant et expressif mais je trouvais son découpage plus innovant dans les albums précédents. Ca reste malgré tout très bien composé et très beau.

Une des rares choses qui m'a dérangé dans cet album est un passage où les personnages évoquent le fait qu'ils sont dans un comics. Je n'ai pas compris ce que cela apportait à l'histoire ni ce que ça faisait dans une série pour adulte comme Alias. En revanche, ce qui est certain c'est que ça m'a fait sortir de l'histoire pendant quelques pages. Cette réserve mise à part, ce dernier TPB confirme qu'Alias est, avec Daredevil, la meilleure série de Marvel. Non non, je n'exagère pas et visiblement le comité de sélection des Eisner Awards 2004 est d'accord avec moi : les deux séries sont nominées dans les catégories Best Serialized Story et Best Continuing Series. Pas sûr que cela soit le cas l'année prochaine pour The Pulse, la série sensée prendre le relais d'Alias mais bon, je me suis déjà longuement exprimé sur le sujet.

Alias Volume 4 : The secret origins of Jessica Jones - Bendis - Gaydos - Marvel

jeudi 15 avril 2004

Comics en ligne

Un petit message pour vous signaler trois petites BDs en ligne sympa comme tout. Tout d'abord, nous avons Dolph' qui nous gratifie d'une superbe mise à jour sur son blog mais également une nouvelle rubrique hebdomadaire sur Bulledair.com. Ensuite, Matthieu Forichon a mis en ligne les 8 premières pages d'une nouvelle BD sur un souvenir d'enfance. Comme d'habitude, c'est poétique et c'est très beau. Enfin, Everland, le roi de la pomme de terre, poursuit une mini BD "sans croquis ni scénario écrit" avec plein de trouvailles narratives et sa coquinerie habituelle.

mercredi 14 avril 2004

D'Image Comics à Marvel

Extrait de PowersLe mois dernier, je vous parlais de Powers, une série de Bendis et Oeming que j'apprécie beaucoup. Je rappelle qu'il s'agit d'une série américaine qui raconte les enquêtes policières de Christian Walker et Deena Pilgrim, deux lieutenants de la criminelle qui sont appellés lorsque l'affaire implique un "powers" (quelqu'un doté de pouvoirs). Cette série était publiée par Image jusqu'à présent mais figurez-vous qu'un communiqué de presse vient d'annoncer qu'elle serait désormais publiée par Marvel au sein d'une collection nommé ICON. Cette nouvelle collection de la "maison des idées" (surnom auto-attribué de Marvel) a pour vocation de publier des "creators-owned series" c'est-à-dire des séries créés par des auteurs et dont ils détiennent les droits exclusifs.

Pour mieux comprendre la situation, il faut savoir que Marvel possède les droits de toutes les séries qu'elle publie. En gros, ils embauchent et virent à leur guise des auteurs pour écrire et illustrer les histoires des X-Men et de Spider-Man par exemple. Il était impossible, jusqu'à présent, pour un auteur de soumettre son propre projet à Marvel (la tentative de la collection EPIC est rapidement tombé dans les choux) et encore plus irréaliste d'espérer en conserver les droits. C'est d'ailleurs suite à cette situation qu'en 1992, un certain nombre d'auteurs tels que Todd McFarlane, Marc Silvestri et Jim Lee en eurent assez d'engraisser Marvel sans jouir d'une véritable liberté d'artiste et décidèrent de fonder leur propre maison d'édition : Image Comics. Ce retournement de position de Marvel est donc assez paradoxal (et difficile à croire mais ça doit être ma prudence naturelle avec les grandes maisons d'édition).

Kabuki - David MackMême si je trouve que les fondateurs d'Image n'ont pas su saisir la chance de véritablement innover chez Image Comics (après avoir claqué la porte de Marvel, ils se sont empressés d'aller créer des espèces de clone des séries de Marvel avec les même super-héros et les même limitations), je trouve qu'ils sont su créer de meilleures conditions pour les auteurs en leur permettant de créer et de posséder les droits de leurs propres séries. On connait le succès de Spawn mais deux autres séries un peu plus innovantes ont également su tirer leur épingle du lot : il s'agit de Kabuki de David Mack et donc Powers de Bendis et Oeming.

Et voilà que ces auteurs viennent de décider de passer chez Marvel pour - disent-ils - soutenir l'initiative de Marvel de publier des séries détenues par leurs auteurs. Dans différentes déclarations, ils assurent qu'absolument rien ne changera pour les séries et qu'ils restent en très bons termes avec leur ancien éditeur (qui conserve la publication et la distribution des anciens albums). On se demande donc ce qui les a poussé à quitter Marvel. L'aspect financier n'est sûrement pas pour rien dans cette histoire mais il est également amusant de constater qu'au même moment, Oeming vient de signer pour un story-arc de 6 épisodes de Thor... publié par Marvel évidemment et Bendis qui publie déjà de nombreuses séries chez Marvel vient de se voir donner l'opportunité de démanteler les Avengers.

Bien sûr, je ne consteste pas le droit des auteurs de publier leurs série où bon leur semble mais je ne peux m'empêcher de trouver dommage que céder aux sirènes des grandes maisons d'édition. D'un autre côté, si j'étais à la place des auteurs, j'aurai probablement fait comme eux car passer chez Marvel avec les mêmes conditions qu'Image Comics va probablement leur permettre de gagner de nouveaux lecteurs. D'après moi, la plupart des artistes ont bien évidemment envie que le plus grand nombre de personne aient accès à leurs productions C'est naturel et compréhensible. En plus, bien que plus petit que Marvel, Image n'est pas non plus une maison d'édition underground. Ce n'est donc pas comme si Fabrice Neaud décidait de publier son Journal chez Soleil... heu... non ça risque pas d'arriver.

Extrait de Six - Oeming - Image ComicsEnfin bref, tout cette disgression pour vous signaler à la base que Michael Avon Oeming prépare Six, un one-shot de 56 pages en noir et blanc (chez Image cette fois). Bien qu'on sente une nette influence de Frank Miller dans le traitement en noir et blanc, ça reste quand même très beau et je ne manquerai pas d'y jeter un oeil lors de sa sortie en Août 2004. Newsarama présente d'ailleurs quelques pages en avant-première et on y voit quelques tentatives de narration plutôt intéressantes.

Thor - Oeming - MarvelComme dit plus haut, il prépare également 6 épisodes du dieu du tonnerre (ça fait un peu cheesy comme expression mais vous me pardonnerez d'après grandi avec Strange, n'est-ce-pas ?). Là aussi, les dessins sont prometteurs et je trouve que son style colle parfaitement à un personnage tel que Thor. Comme dans Powers, j'aime vraiment bien le constraste entre un dessin plutôt cartoon et les histoires assez noires qu'ils illustrent.

Sur ce, bonne journée et à plus tard. :)

mardi 13 avril 2004

The Punisher: The End

The Punisher: The EndJe sais, je sais. Maintenant que BDnews.net a fermé, je devrais avoir plus de temps pour mettre à jour ce blog ce qui visiblement n'a pas été le cas ce weekend. Non, je ne courrais pas les oeufs en chocolat mais j'ai longuement travaillé sur un long dossier en anglais (!) sur L'homme sans talent de Yoshiharu Tsuge (Ego Comme X - 2004) pour le eZine Indy Magazine. Je ne connais pas précisèment la date de mise en ligne mais je vous tiendrai au courant et j'essaierai également de mettre en ligne une version en français pour ceux qui ne parlent pas la langue de Shakespeare.

J'ai également profité de ce long weekend pour lire quelques BDs dont je vous parlerai ultérieurement mais je voulais attirer votre attention sur The Punisher: The End , un one-shot de 56 pages qui vient de sortir en anglais chez Marvel. Il s'agit d'une histoire post-apocalyptique signée par le talentueux Garth Ennis et dessinée par le grand Richard Corben. Je ne suis pas un fan de The Punisher (un peu trop bourrin à mon goût) mais j'ai vraiment bien apprécié cette histoire.

The Punisher: The End - Ennis - Corben - Marvel

Pourtant, c'est plutôt une histoire très sombre puisqu'elle se situe dans une ambiance apocalyptique (littéralement) avec un Punisher agé qui a une dernière mission à accomplir. Clairement, c'est une réussite pour le tandem Ennis - Corben même si je trouve l'album graphiquement moins novateur que d'habitude pour Corben. Ca reste malgré tout largement au dessus du reste de la production actuelle de Marvel. Il y a en plus une charge assez violente sur les grands de ce monde et la façon dont il dirige la planète.

Bref, une lecture recommandée pour $4,50. Soyez juste préparé à une vision très pessimiste de notre monde et de l'avenir de l'humanité...

The Punisher: The End - Garth Ennis - Richard Corben - Marvel

vendredi 9 avril 2004

Les nominations pour les Eisner Awards de 2004

Will Eisner Comic Industry AwardsLes Eisner Awards, ce sont un peu les Alph' Arts américains sauf qu'il y a un bizillion de catégories différentes. Ils sont annoncés au Comic-Con de San Diego qui me semble être le plus gros festival comics américain mais bon, je ne suis pas un spécialiste et je peux me tromper. L'année dernière, il y avait 75 000 visiteurs à San Diego (à comparer aux 210 000 visiteurs à Angoulême en 2004) et cette année sera la 35ème édition de l'évènement.

Petit rappel historique. Les Eisner Awards remontent en quelque sorte à 1984 lorsque les éditions Fantagraphics ont créé les Kirby Awards. Suite à une brouille en 1987 entre les organisateurs sur le futur de ces récompenses, les Kirby Awards furent abondonnés et Fantagraphics continua avec les Harvey Awards. De son côté, Dave Olbrich, un employé de Fantagraphics partit créer de son côté les Will Eisner Comic Industry Awards. Je vous passe quelques détails mais en gros en 1990, il y a encore eu des problèmes et c'est le festival Comic Con de Santa Diego qui reprit les Eisner Awards. L'utilisation d'un jury pour les nominations fut introduit en 1992 (avant, les éditeurs sélectionnaient eux même les albums en compétition). Depuis cette année-là, le processus est resté le même et ce sont les auteurs, les éditeurs, les libraires et les distributeurs qui désignent par vote les gagnants. Fin de la parenthèse historique.

Tout ça pour dire que les nominations 2004 viennent d'être annoncées et que je vous invite à les consulter si ça vous intéresse (il y a 25 catégories !). Quelques extraits :

  • Dupuy & Berberian sont nominés dans la catégorie Best Short Story.
  • Derek Kirk Kim dont je vous parlais mercredi est également nominé dans la catégorie Best Short Story.
  • Les séries Alias (Bendis-Gaydos) et Gotham Central (Brubaker, Rucka, Lark) que j'apprécie beaucoup sont toutes les deux nominées deux fois.
  • Sleeper (Brubaker, Phillips) dont je vous parlais récemment est nominé dans la catégorie Best New Series.
  • Blacksad, Blankets et Persepolis sont tous les trois nominés dans la catégorie Best Graphic Novel.
  • Dans la catégorie Best U.S. Edition of Foreign Material, on trouve Blacksad, les deux premiers volumes de l'Anthologie Chaland chez les Humanos, ainsi que la traduction de Petit Vampire et Persepolis.
  • Dans la catégorie Best Writer/Artist, on trouve Craig Thompson et dans la catégorie Best Writer/Artist - Humor, on trouve Joann Sfar.

Résultats le 23 juillet 2004.

mercredi 7 avril 2004

Flight Volume 1

Flight - Volume 1Hier en surfant, je suis tombé sur une page présentant le premier volume d'un collectif américain qui va être distribué par Image Comics. Il s'agit de Flight et il y a même une préface de Scott McCloud. Ce qui est intéressant, c'est que le projet émane d'un certain nombre de jeunes auteurs qui se connaissaient via les oeuvres qu'ils/elles publiaient en ligne et qui ont décidé d'essayer de sortir un collectif. C'est en quelque sorte, des représentants d'une génération d'auteurs qui sont nés - artistiquement j'entends - avec le Web.

Ce sont des gens qui, à l'instar des gens qui font des fanzines à la photocopieuse, n'attendent pas de signer un contrat avec un éditeur pour se mettre à dessiner. Aujourd'hui, grâce à Internet, quelqu'un peut dessiner, scanner et publier un dessin ou une petite BD en quelques heures. Certains dessinent directement à la tablette et sautent même l'étape du papier. Evidemment, l'objectif final reste la publication sur un support papier pour de multiples raisons (effet objet, meilleure distribution, confort de lecture, etc.) mais je trouve extrêmement intéressant l'effervescence de ces auteurs sur Internet.

En plus le deuxième effet kiss-cool, c'est que publier en ligne, ça permet de constituer rapidement un portfolio qui peut être vu par un grand nombre de personnes et en particulier des éditeurs mais aussi d'autres auteurs et des lecteurs. Ca perrmet donc d'avoir un retour sur ses productions sans passer par la case édition.

Si ça vous intéresse, je vous en conseille quelques uns que j'apprécie particulièrement. Vous pourrez facilement en trouver d'autres car ils ont la bonne idée de se lier les uns les autres : Bengal, Derek Kirk Kim, Everland, Christophe Marchetti, Matthieu Forichon, Kness, Mélaka - Laurel - Cha (les drôles de dames de la BD), Kim, Etienne Simon, etc. Il y a plein d'autres mais je ne peux pas tous les lister. Et puis, les découvrir fait aussi parti du fun de surfer sur le Net. :)

lundi 5 avril 2004

Vincent Van Gogh : La ligne de Front de Manu Larcenet

La ligne de front - Larcenet - DargaudCe weekend, j'ai lu La ligne de front de Manu Larcenet. Deuxième album de la série Une aventure rocambolesque de..., le titre complet est en fait Vincent Van Gogh : La ligne de Front. Comme l'indique le titre, le peintre Vincent Van Gogh se retrouve envoyé dans les tranchées pour peindre l'esprit de la guerre afin que les généraux restés à l'arrière comprennent pourquoi les soldats ne veulent pas aller se faire tuer au front.

La ligne de front - Larcenet - DargaudNe vous laissez pas troubler par le caractère anachronique de la situation car, une fois la lecture entamée, elle importe peu et permet à Larcenet de mettre en scène des thèmes qui lui sont chers : la condition d'artiste (déjà abordé dans L'artiste de la famille) et les militaires (également vu dans Presque). D'ailleurs, Vincent Van Gogh prend plusieurs fois des traits proche de Marco, le double de Larcenet dans Le Combat Ordinaire ( Prix du meilleur album au Festival d'Angoulême 2004 ), renforçant ainsi la projection de l'auteur dans le personnage principal.

Une des plus belles réussites de cet album est la réflexion sur la mort et la description de l'apaisement progressif de Van Gogh à mesure qu'il se rapproche de la guerre. Au départ, il est colérique et torturé. Son front et ses yeux sont le plus souvent plissés dans une grimace d'artiste torturé. Paradoxalement, en se rapprochant du front et des horreurs de la guerre, Van Gogh se calme et retrouve même une certaine paix intérieure que je vous laisse découvrir vers la fin de l'album.

La ligne de front - Larcenet - DargaudEst-ce une réaction de survie pour encaisser les visions horrifiques de la bataille ? Est-ce pour compenser l'angoisse et la peur montante du général qui l'accompagne au front ? Pour moi, l'apaisement de Van Gogh s'explique par l'acceptation de sa propre condition mortelle devant l'omniprésence de la mort qui décime les troupes.

Dans l'oeuvre de tout artiste, il y a également un défi au temps qui passe et une volonté de dépasser sa mortalité. Cotoyer la mort du bout des doigts permet à Van Gogh de s'affranchir de sa peur. Les dernières pages le voient d'ailleurs plus contemplatif qu'actif comme si, en abandonnant ses pinceaux et ses toiles, il cessait de lutter contre son destin.

La ligne de front - Larcenet - DargaudC'est d'ailleurs à ce moment-là, qu'il accède à cette nouvelle vision de la réalité annoncée à plusieurs reprises dans l'album (par exemple, planche 3 : [Le général] dit que seul un artiste saura lui montrer la réalité cachée sous les apparences). La souffrance qui accompagne cette nouvelle vision (sa première manifestation est consécutive à une raclée en règle) s'estompe peu à peu et c'est un Van Gogh délivré de toute douleur qui accède finalement à la réalité cachée sous les apparences.

Au delà des thèmes abordés et de la réflexion sur l'art et la mort, il convient également d'étudier la façon dont Larcenet les met en forme dans le cadre d'une bande dessinée puisque c'est bien d'une BD dont il s'agit et non pas d'un film ou d'un roman. Hélas, du point de vue formel, l'album souffre d'une série d'écueils qui en gâche la lecture. Il ne s'agit pas de remettre en question le talent graphique de Larcenet - il est connu et reconnu - mais d'étudier son application au medium de la bande dessinée.

En particulier, la qualité du découpage est assez irrégulier. Il semble parfois bancal sans raison apparente avec par exemple, des ruptures étranges en milieu de page comme si la planche s'interromptait brusquement avant de reprendre dans la moitié inférieur. Certains décrochages de case sont également peu expliquables et semblent plutôt relever de l'effet ou du "truc" plus que d'une intention particulière.

La ligne de front - Larcenet - DargaudAutre effet ré-utilisé à longueur de pages par Larcenet : la disparition des pupilles de ses personnages pour signifier un émoi passager. Si l'idée est habile au départ, elle s'essoufle à être mise à toutes les sauces et finit par n'exister que par ce qu'elle montre et pas ce qu'elle représente. Elle devient un truc que l'on sort du chapeau par automatisme car il a auparavant permis de résoudre un certain nombre de difficultés.

La ligne de front - Larcenet - DargaudAutre exemple d'effet qui se transforme en "truc" à force de répétition : l'utilisation d'une unique couleur jaune/orange sur un dessin en noir et blanc. Son utilisation est totalement justifiable pour l'apparition des engoulevents car le jaune est la couleur de prédilection de Van Gogh et c'est la couleur qui lui permet de déstructurer la réalité pour voir au delà des apparences. Malheureusement, cet effet est également utilisé dans d'autres situations mais cette fois plus pour ce qu'il est (un choc chromatique) que ce qu'il représente ce qui brouille sa justification initiale.

La ligne de front - Larcenet - DargaudC'est d'autant plus dommage que Larcenet sait être plus créatif comme il nous le montre d'ailleurs à plusieurs reprises dans l'album. Un magnifique exemple illustrant cette maîtrise du medium est notamment visible planche 12 où l'auteur fait passer la "queue" du phylactère derrière le visage de Van Gogh pour donner l'impression que les mots prononcés par le général émanent en fait de la bouche du peintre. Larcenet réussit le tour de force de dépeindre clairement une situation pourtant assez compliquée.

Au final, Vincent Van Gogh : La ligne de Front est un bon album mais qui aurait gagné à être plus abouti. Ne vous méprenez pas, il figure parmi les meilleures sorties de ce mois mais il comporte malgré tout un certain nombre de maladresses qui donne l'impression que l'auteur s'est laissé emporté par son sujet au détriment de la forme.

Une aventure rocambolesque de... Vincent Van Gogh : La ligne de front - Larcenet - Dargaud

jeudi 1 avril 2004

Latino Imparato, Hellblazer et La nuit de l'oracle

C.M. / MétroCe matin, j'ai été surpris de trouver dans le journal Métro, une interview de Latino Imparato (cool comme nom, vous trouvez pas ?), fondateur du Comptoir des Indépendants. Pour ceux qui ne le savent pas, le Comptoir des Indépendants assure la distribution et la diffusion d'une quarantaine de "petits" éditeurs de Bande Dessinée dont L'Association, Atrabile, Ego comme X, etc. J'aurais aimé que l'interview aille un plus loin sur le sujet mais c'est déjà pas mal et je vous invite à la lire en ligne.

A part ça, pas grand de chose neuf à signaler car ces derniers jours ont été assez chaotiques sur pas mal de plans. Je vous passe les détails mais je ne suis pas sûr de beaucoup pouvoir blogguer cette semaine. De toutes façons, j'ai pas lu grand chose non plus mais ça va revenir car j'ai une pile d'albums à lire.

Suite à mon message sur SandmanMatt a décidé de me passer le premier TPB d'Hellblazer. C'est une série de DC Comics qui date d'avant Vertigo et qui continue toujours aujourd'hui. Au passage, si vous voulez en savoir plus sur cette série, je vous conseille ce site qui recense tout ce qu'il y a à savoir sur Hellblazer. Je suis motivé pour lire l'album mais je crains que ça soit la porte ouverte à Preacher, The Punisher et autres comics auxquels Matt essait de me convertir depuis plusieurs mois. :)

Pour finir, je signale la parution aujourd'hui du nouveau livre de Paul Auster : La nuit de l'oracle. Voici le pitch : après avoir été donné pour mort et à peine sorti de l'hôpital, un écrivain retrouve l'inspiration grâce à un étrange carnet bleu. Ca me dit et je pense l'acheter.

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