La saison des brumes - Gaiman - Collectif - DelcourtCe weekend, j'ai lu La saison des brumes, scénarisé par Neil Gaiman et dessiné par une poignée de dessinateurs (si j'en crois Bulledair.com, il s'agit de Pratt George, Craig Russell P., Wagner Matt, Jones Kelley, Dringenberg Mike, Jones III Malcolm, Giordano Dick ). Ne tournons pas autour du pot, j'ai trouvé cet album très mauvais. J'entends déjà certains hurler au blasphème mais je le dis comme je le pense.

Après ma tentative avortée pour lire en anglais le premier volume de Sandman, je voulais refaire une incursion dans le monde de Gaiman car nombreux sont ceux qui disent du bien de l'auteur et de son oeuvre. Je me suis donc décidé ce weekend à lire La saison des brumes que m'avait prêté Matt depuis quelques semaines. Je reconnais que Gaiman a une imagination débordante et que certaines de ses idées sont intéressantes (la personnalisation de certains sentiments humains par exemple) mais j'ai trouvé leur mise en oeuvre particulièrement décevante.

La structure narrative est complètement déstructurée (emphase sur des points inutiles et ellipse de scènes importantes) et j'ai eu le sentiment que Gaiman improvisait son récit au fur et à mesure. Par exemple, après une introduction ultra pompeuse, le repas avec Dream et le reste de sa famille semble sans direction apparente avant que l'un des personnages lui rappelle la damnation d'une ancienne conquète. Pouf, après cette information sortie du chapeau, Dream s'énerve avant de se raviser et décide de partir de partir pour les enfers pour aller la délivrer. Idem un peu plus loin, puisque Dream, parti délivrer son ancienne compagne, se retrouve en fait avec la clé des enfers et ne sait quoi en faire. Exit le problème de son ex-, on se retrouve avec une situation assez débile où toute une série de personnages tente d'expliquer de manière fort ennuyeuse pourquoi Dream devrait leur remettre la clé.

La saison des brumes - Gaiman - Collectif - DelcourtSurtout, je trouve le style de Gaiman à la fois pompeux et vulgaire. Il introduit des situations super ampoulées à grand renfort de "vous allez voir ce que vous allez voir" et de discours mystico-cryptique et à chaque fois, la montagne accouche d'une souris. C'est déjà le cas après le prologue ultra mystique avec Destiny mais aussi plus loin avec le défilé des personnages qui réclament la clé des enfers. Je passe sous silence un épisode au milieu de l'album qui tombe comme un cheveu sur la soupe. Dire que cet album a obtenu le prix du scénario à Angoulême cette année, c'est à n'y rien comprendre.

Quand au dessin, je n'ai pas vraiment chercher à savoir qui avait fait quoi car je trouve qu'il oscille entre moyen et mauvais. La couleur, quand à elle, est solidement ancrée dans la zone hideuse. De même on ne peut pas franchement dire que les pages brillent par le découpage et la narration graphique. Pour une BD fantastique, ça semble quand même dommage. Ah si, saluons quand même les magnifiques couvertures de Dave McKean.

A ceux qui ne manqueront pas de me dire que c'est parce que j'ai lu la version française et qu'en plus, elle commence au milieu, je rappelle que j'avais déjà tenter de lire sans succès le premier TPB en anglais de la série. Bref, l'adoration de nombreuses personnes pour Gaiman et Sandman reste pour moi assez inexpliquable mais je cherche toujours à comprendre. Aussi je vous invite, non pas à troller sur mes goûts :), mais à m'expliquer ce que vous aimez chez Gaiman et Sandman.