lundi 29 mars 2004

La saison des brumes

La saison des brumes - Gaiman - Collectif - DelcourtCe weekend, j'ai lu La saison des brumes, scénarisé par Neil Gaiman et dessiné par une poignée de dessinateurs (si j'en crois Bulledair.com, il s'agit de Pratt George, Craig Russell P., Wagner Matt, Jones Kelley, Dringenberg Mike, Jones III Malcolm, Giordano Dick ). Ne tournons pas autour du pot, j'ai trouvé cet album très mauvais. J'entends déjà certains hurler au blasphème mais je le dis comme je le pense.

Après ma tentative avortée pour lire en anglais le premier volume de Sandman, je voulais refaire une incursion dans le monde de Gaiman car nombreux sont ceux qui disent du bien de l'auteur et de son oeuvre. Je me suis donc décidé ce weekend à lire La saison des brumes que m'avait prêté Matt depuis quelques semaines. Je reconnais que Gaiman a une imagination débordante et que certaines de ses idées sont intéressantes (la personnalisation de certains sentiments humains par exemple) mais j'ai trouvé leur mise en oeuvre particulièrement décevante.

La structure narrative est complètement déstructurée (emphase sur des points inutiles et ellipse de scènes importantes) et j'ai eu le sentiment que Gaiman improvisait son récit au fur et à mesure. Par exemple, après une introduction ultra pompeuse, le repas avec Dream et le reste de sa famille semble sans direction apparente avant que l'un des personnages lui rappelle la damnation d'une ancienne conquète. Pouf, après cette information sortie du chapeau, Dream s'énerve avant de se raviser et décide de partir de partir pour les enfers pour aller la délivrer. Idem un peu plus loin, puisque Dream, parti délivrer son ancienne compagne, se retrouve en fait avec la clé des enfers et ne sait quoi en faire. Exit le problème de son ex-, on se retrouve avec une situation assez débile où toute une série de personnages tente d'expliquer de manière fort ennuyeuse pourquoi Dream devrait leur remettre la clé.

La saison des brumes - Gaiman - Collectif - DelcourtSurtout, je trouve le style de Gaiman à la fois pompeux et vulgaire. Il introduit des situations super ampoulées à grand renfort de "vous allez voir ce que vous allez voir" et de discours mystico-cryptique et à chaque fois, la montagne accouche d'une souris. C'est déjà le cas après le prologue ultra mystique avec Destiny mais aussi plus loin avec le défilé des personnages qui réclament la clé des enfers. Je passe sous silence un épisode au milieu de l'album qui tombe comme un cheveu sur la soupe. Dire que cet album a obtenu le prix du scénario à Angoulême cette année, c'est à n'y rien comprendre.

Quand au dessin, je n'ai pas vraiment chercher à savoir qui avait fait quoi car je trouve qu'il oscille entre moyen et mauvais. La couleur, quand à elle, est solidement ancrée dans la zone hideuse. De même on ne peut pas franchement dire que les pages brillent par le découpage et la narration graphique. Pour une BD fantastique, ça semble quand même dommage. Ah si, saluons quand même les magnifiques couvertures de Dave McKean.

A ceux qui ne manqueront pas de me dire que c'est parce que j'ai lu la version française et qu'en plus, elle commence au milieu, je rappelle que j'avais déjà tenter de lire sans succès le premier TPB en anglais de la série. Bref, l'adoration de nombreuses personnes pour Gaiman et Sandman reste pour moi assez inexpliquable mais je cherche toujours à comprendre. Aussi je vous invite, non pas à troller sur mes goûts :), mais à m'expliquer ce que vous aimez chez Gaiman et Sandman.

vendredi 26 mars 2004

Pour quelques croquis de plus...

Je réalise que c'est un peu "suicidaire" de vouloir montrer quelques uns de mes dessins derrière tous les talentueux artistes évoqués ces derniers jours mais bon, j'en avais envie. Ce sont donc des croquis faits sur le vif dans le métro en début de semaine et que j'ai repris à l'encre de chine et au pinceau hier soir.

Croquis au criterium repris à l'encre de chine et au pinceau

Coquis au critérium repris à l'encre de chine et au pinceau

Allez plutôt admirer les dessins de Matthieu Forichon qui vient d'en poster une nouvelle fournée particulière réussie.

jeudi 25 mars 2004

Making-of en images de Passer l'hiver

Vincent Rioult en train de graver une planche de boisAujourd'hui, ça sera court car je n'ai rien eu le temps de lire hier soir. En revanche, je vous invite à découvrir le making-of de Passer l'hiver de Marc Lizano et Vincent Rioult (avril chez la Boîte à bulles). Vincent m'a gentiment invité chez lui pour me montrer comment il travaille et je peux vous dire que c'est impressionant. Si vous avez des questions, n'hésitez pas à les poser dans les commentaires car Vincent passe souvent par ici.

A part ça, je suis tombé sur la présentation du prochain numéro de 9ème Art et ça a l'air alléchant. Jugez plutôt : Art Spiegelman, Yoshiharu Tsuge dont on parlait hier et Jiro Taniguchi. Des dossiers sur la revue japonaise alternative Garo et sur l'Oubapo. La revue n'est pas donnée ( 17,50 euros ) mais elle reste moins chère que BANG! et elle ne parait que deux fois par an.

mercredi 24 mars 2004

Coups d'éclat de Yoshihiro Tatsumi

Hiroshima - Yoshihiro Tatsumi - ArtefactLors de mon récent séjour à Lyon, j'ai acheté une vieille édition d'Hiroshima, un album publié par Artefact reprenant deux histoires complètes du japonais Yoshihiro Tatsumi. Cet auteur plutôt inconnu du grand public est né en 1935 à Osaka. Après quelques publications, il monte un atelier en 1957 et décide, avec 6 autres auteurs (dont Saito Taiko et Sato Masaki), de se consacrer au Gekiga. Leur but est de s'éloigner des productions pour enfants et d'explorer un manga plus adulte ('geki' signifie drame et 'ga', dessin). Dans l'Université du Gekiga publié en 1968, Tatsumi explique que le gekiga est le pendant des films noirs qui le fascinaient tels que Les Diaboliques de Henri-Georges Clouzot. Il dit notamment : Nos aînés nous avaient enseigné que la bande dessinée était comique […]. Il s'agissait de faire rire les lecteurs. Nous ne voulions plus de cela.

Coups d'éclat - Yoshihiro Tatsumi - Vertige GraphicLes français ont pu découvrir les histoires de Tatsumi en 1978 dans les pages de la défunte revue Le cri qui tue (une petite revue dédiée au manga et qui constitue l'une des premières apparitions du Manga en France) mais à l'époque, personne ne s'intéresse au Manga et la revue périclite après 6 numéros. Nouvel essai en 1983 avec l'éditeur Artefact qui publie deux histoires de Tatsumi dans un album cartonné intitulé Hiroshima. La encore, le succès n'est pas au rendez-vous. Il faut donc attendre 2003 pour que l'excellente maison d'édition Vertige Graphic, encouragé par le succès de la ré-édition de Gen d'Hiroshima, décide de publier Coups d'éclat, un album compilant 5 histoires courtes de Yoshihiro Tatsumi.

Cette nouvelle édition est préfacé par Adrian Tomine, auteur nord-américain de la série Optic Nerve. Celui-ci explique sa découverte de Tatsumi et l'influence de l'auteur sur son propre travail. Il est vrai qu'à la lecture de Coups d'éclat, on y retrouve des thématiques et une narration souvent reprises par Tomine.

Extrait de Coups d'éclat - Yoshihiro Tatsumi - Vertige GraphicLe dessin de Tatsumi peut paraître un peu simpliste par rapport à des auteurs tels que Yoshiharu Tsuge (né en 1937, voir un extrait de l'Homme sans talent aux éditions Ego comme X) mais il est efficace et sobre. Son côté un peu naif renforce d'alleurs le décalage avec la noirceur des scénarios, un peu comme le dessin de Tezuka dans Ayako ou de Nakazawa dans Gen d'Hiroshima. Il est d'ailleurs moins "ligne claire" que ces derniers et présente souvent des effets de hachures.

Tatsumi manie l'art de la nouvelle avec talent. Chaque histoire est une petite fresque qui nous fait découvrir l'univers intérieur d'un personnage en décalage avec le reste de la société. Ce qui est assez extraordinaire, c'est que ces histoires sont toujours d'actualité plus de 30 ans après leur création : dérive sociale, sentiment de honte, misère, etc. A noter également, la façon dont Tatsumi clotûre chacune de ses histoires. Pas de morale, pas de happy-ending. En fait, la fin est plus souvent signifiée par le bas de la page que par un évènement particulier du récit.

Bref, c'est un auteur que je vous encourage vivement à (re)découvrir si vous êtes intéressé par les courants alternatifs du Manga.

Coups d'éclat - Yoshihiro Tatsumi - Vertige Graphic

Linda Hardy dans ImmortelPour finir, un petit mot sur la sortie aujourd'hui d'Immortel, le nouveau film d'Enki Bilal (je sens que je vais me faire chambrer en parlant de ce film mais bon...). J'étais très dubitatif sur les dernières adaptations de BD en film (Astérix, Michel Vaillant, Blueberry, etc.) mais celui-ci me semble beaucoup plus intéressant et je pense aller le voir. Les extraits que j'en ai vu montre un film ambitieux visuellement et touchant "d'amateuriste" par certains effets spéciaux. C'est justement ce qui me plait dans ce film : des effets pas parfaits, des trucages un peu grossiers, etc. Bref, le film a l'air d'être loin des rendus hyper polissés et chiants des derniers épisodes de Star Wars par exemple. Bon, ce n'est qu'une bande-annonce et le film peut s'avérer être un nanar complet mais, contrairement aux films cités ci-dessus, j'ai quand même envie d'aller voir le résultat.

A noter qu'il y a une page complète sur le film dans l'édition du journal Métro d'ajourd'hui. Il y a même une petite interview de Bilal et j'ai trouvé ses réponses plutôt intelligentes. Par exemple : à la question Il semble que vous ayez souhaité effacer le côté politique. Pourquoi ?, Bilal répond Si on regarde le monde d’aujourd’hui, il n’y a plus de politique, toutes les idéologies ont disparu, elles se sont effondrées avec l’Union soviétique et le communisme. Nous sommes aujourd’hui confrontés à une guerre économique et spirituelle, ce qui est beaucoup plus grave.

Allez, encore un petit truc et puis après je vous tranquille. Les Chroniques BD d'Everland sont terminées depuis quelques semaines et c'est dommage (mais la bonne nouvelle, c'est qu'il a désormais plus de temps pour ses projets d'histoires et ça, c'est cool) mais depuis aujourd'hui, on peut retrouver sur Bulledair Alter Egaux (attention, le premier épisode est assez private joke), un comics en ligne des talentueux BenGrrr et Yuio. Les désormais classiques Kr-Ob Art et La Théorie du Cacao sont toujours présents.

mardi 23 mars 2004

Big Man de David Mazzucchelli

Couverture de Big Man - Mazzucchelli - CorneliusAujourd'hui, j'ai envie de vous parler de Big Man de David Mazzucchelli. Pas de raison particulière mais juste l'envie de faire partager un de mes albums préférés. A la base il s'agit d'une histoire publiée en 1993 dans le troisième et dernier numéro de Rubber Blanket, une revue éditée par Mazzucchelli lui-même. Pour moi, c'est la démonstration exemplaire de son immense talent.

Il faut savoir qu'au départ, Mazzucchelli a commencé par dessiner des histoires de super-héros pour Marvel et DC Comics (en particulier, il a dessiné plusieurs épisodes de Daredevil ainsi qu'une mini-série de Batman ). Rapidement pourtant, il s'écarte du mainstream et après avoir été refusé par la revue RAW (de l'illustre Art Spiegelman), crée son propre support de publication : Rubber Blanket. Malheureusement, la parution cesse après seulement trois numéros faute de moyen financier. En parallèle, et sous l'égide d'Art Spiegelman, il se lance dans l'adaptation en Bande Dessinée du roman City of glass de l'écrivain Paul Auster (mon auteur américain préféré au passage, dont je vous conseille par exemple l'excellent Mr Vertigo ou Moon Palace). L'album est traduit et publié en France par la maison d'édition Actes Sud.

Extrait de Big Man - Mazzucchelli - CorneliusPour en revenir à Big Man, il s'agit d'une histoire de 40 pages où le style de Mazzucchelli explose enfin, libre de toute contrainte. Il adopte une technique très impressionniste où les dessins sont amenés par petits traits, comme modelés. L'expressivité est privilégiée au réalisme strict et il faut voir avec quelle maîtrise, il joue avec la lumière et les ombres : la bichromie de l'album est de toute beauté ( du moins sur la version originale car je n'ai jamais eu l'occasion de regarder la version française ).  Du point de vue de l'histoire il s'agit d'une fable sur la tolérance et le rapport des enfants avec les "monstres". L'introduction me semble être un clin d'oeil au début de la Ballade de la mer salée d'Hugo Pratt mais je n'en suis pas sûr.

Quelle force dans le dessin ! Quelle expressivité dans les attitudes ! Et quelle sensibilité dans l'utilisation de la lumière ! Pour moi, ça s'approche de la perfection. OK, je suis peut-être trop enthousiaste mais sérieusement, comment ne pas être séduit par le trait brut de Mazzucchelli. Contrairement à d'autres auteurs que j'aime également beaucoup tels que Thompson ou Peeters, Mazzucchelli ne se perd pas en fioriture, ne cède pas à la tentation de la courbe élégante mais se concentre pour amener un trait juste et puissant.

Extrait de Bug Man - Mazzucchelli - CorneliusOn m'a dit que Mazzucchelli s'est retiré de la BD mais j'ai trouvé des informations décrivant un passage de deux ans au Japon où il aurait étudié les mangas et même réalisé deux histoires. Si vous avez d'autres infos, n'hésitez pas à les rajouter en commentaire. En tous les cas, j'espère qu'on aura encore l'occasion de découvrir de nouveaux travaux de cet immense auteur.

Big Man - David Mazzucchelli - Cornelius

lundi 22 mars 2004

Angora d'Aurelia Aurita

Couverture de AngoraArgh, je me suis pris une grande baffe dans la figure ce weekend en achetant Angora d'Aurelia Aurita. Il s'agit du premier album d'une jeune dessinatrice qui a remporté le prix du scénario au concours de la BD scolaire d'Angoulême 2001. Pour le moment, elle a surtout participé à des collectifs (Stereoscomic, FLBLB, etc.) et à des revues (Fluide Glacial, PLG, etc.). Angora regroupe d'ailleurs des récits initialement publiés dans Stereoscomic.

C'est la dessin délicat et très sensuel d'Aurelia qui m'a immédiatement plu. Mais bien que fort poétique, son trait n'est pas "fleur bleue" et elle n'hésite pas à déformer visage et corps pour donner plus d'expression à ses personnages. A cet égard, la couverture donne le ton et allie sensualité ( les lignes délicates du corps, la courbure des formes, la typographie du titre ) et un petit côté un peu vulgaire (pizza a moitié mangée, cigarette fûmante, manteau de fourrure).

L'album édité par le 9ème Monde contient une série d'historiettes sur le thème de l'amour et de la souffrance mais aussi de la rêverie et des petits moments de bonheur. Le tout manque peut-être un peu de cohérence (comme souvent dans des compilations) mais la beauté de cet album compense largement ce petit défaut.

Angora - Aurelia Aurita - 9ème MondeBref, un album que je conseille vivement aux personnes curieuses de découvrir de nouveaux univers graphiques.

Pour en savoir plus sur cette auteur à suivre, reportez-vous au site FLBLB. A noter que le site BDselection fait état d'un album autobiographique de plus de 200 pages en cours de réalisation pour Ego comme X. Espérons que ce projet soit toujours d'actualité.

A part ça, j'ai également acheté et lu le troisième épisode de DC : The new frontier de Darwyn Cooke chez DC Comics. J'ai encore des réserves au niveau du scénario mais la narration et le dessin me plaisent toujours autant.

vendredi 19 mars 2004

Powers #5 Anarchy de Bendis et Oeming

Powers Vol. 5 - AnarchyHier soir, j'ai lu Anarchy, le cinquième TPB de Powers des sieurs Brian Michael Bendis et Michael Avon Oeming. Pour ceux qui ne seraient pas familiers avec cette série (toujours en cours aux Etats-Unis et traduit en France par Semic), il s'agit d'une série publiée par Image qui raconte les enquêtes policières de Christian Walker et Deena Pilgrim, deux lieutenants de la criminelle qui sont appellés lorsque l'affaire implique un "powers" (quelqu'un doté de pouvoirs).

Dans ce cinquième volume compilant les épisodes 21 à 24, un groupe d'anarchistes assassine froidement des super-héros les uns après les autres. Après le retrait de Walker dans les épisodes précédents, Deena démarre l'enquête avec un nouveau partenaire.

Powers est une série que j'aime beaucoup car elle représente le meilleur de Bendis : un environnement policier, des enquêtes assez noires, des dialogues incisifs et des personnages ambigus. De plus, le dessin assez "cartoonesque" de Oeming contraste agréablement avec les habituels dessins réalistes pour ce genre d'histoire et contribue à faire de Powers une série à part.

Extrait de Powers Vol. 5Pourtant, je dois avouer que ce volume n'est pas le meilleur de la série. Tout d'abord, il est court ( 4 épisodes alors que les autres font souvent 6 épisodes ) mais surtout l'intrigue et les motivations des personnges ne sont pas assez développées. Alors que le sujet de départ de Bendis était fort intéressant (des hommes et des femmes ordinaires en ont assez que des super-héros soit juge et bourreau de l'ordre moral), il n'est que très peu détaillé dans l'histoire.

En fait, j'ai surtout eu l'impression que ce story-arc était un album de transition pour faire revenir Walker dans la série. Pour moi, les meilleurs volumes de Powers restent le premier (Who killed retro-girl) et le quatrième (Supergroup). Même le dessin d'Oeming semble moins inspiré que d'habitude et certains plans sont même baclés (remarque : l'extrait en illustration ne fait pas parti des plans que je trouve baclés). En revanche, je vous conseille l'interview et les suppléments à la fin de l'album : Bendis et Oeming s'interviewent l'un l'autre et c'est très intéressant.

jeudi 18 mars 2004

Prochaines sorties

The island of venusDans la série "restons éveillés et regardons ce qui va arriver", j'ai fait un petit tour d'horizon des sorties à venir.

Chez Top Shelf Productions ( l'éditeur entre autres de Blankets pour ceux qui connaissent pas ), signalons la prochaine sortie de The island of Venus de Dylan Horrocks, une histoire autour d'un dessinateur de récits érotiques. Pas de date pour le moment donc je vous conseille de (re)lire Hicksville en attendant.

Patate Douce #5Chez Fantagraphics, c'est Tell me something de Jason qui a retenu mon attention. Apparemment, ça devrait sortir ce mois-ci. Plus tard, ce sera You can't get there from here, une bichro sur un espèce de Frankenstein. En juin, devrait sortir le quatrième numéro de La Perdida de Jessica Abel.

Plus près de chez nous, le cinquième numéro de l'excellente revue Patate Douce est prévu pour mai 2004. On y retrouve des familiers de la revue ( Ulf K., Jean-Marc Mahis, Michel-Yves Schmitt, Big Ben, Eco, etc. ) mais aussi de nouveaux avec des auteurs tels que Etienne Davodeau, François Duprat, Christian Cailleaux et Pascal Rabaté pour l'abécédaire.

Cinderalla - Junko Mizuno - IMHOEn avril, surveillez les rayons de votre libraire pour ne pas rater Café panique d'Alfred chez les Editions Charrette. En juin, Ego comme X continue son incursion dans le monde du Manga avec Dans la prison de Kazuichi Hanawa.

Du côté de la Boite à bulles, plein de bonnes choses à venir avec notamment Passer l'hiver de Vincent Rioult et Marc Lizano mais aussi La bête qui mangeait tout le monde de Sylvain Moizie et L'Automne à Hanoï de Clément Baloup.

Pour finir, mais il y a encore des tas d'autres choses, ma curiosité a été piquée par Cinderalla de Mizuni Junko chez le nouvel éditeur de Manga IMHO. Le magazine Chronic'art en parlait déjà dans son dossier Manga le mois dernier et ça m'a semblé fort intéressant.

Alors, c'est pas alléchant tout ça ? D'ailleurs, si vous avez repéré de bonnes choses de votre côté, n'hésitez pas à les indiquer dans la zone des commentaires.

mercredi 17 mars 2004

Sleeper

Couverture de Out in the cold - Brubaker - Phillips - DC WildstormIl me reste encore un chapitre à lire du TPB Sleeper de Ed Brubaker et Sean Phillips chez DC Wildstorm mais je ne résiste pas à l'envie de vous parler dès maintenant. Tout d'abord, je tiens à préciser qu'Ed Brubaker est l'un de mes scénaristes de comics préférés et je vous conseille de jeter un oeil au reste de sa production, des plus anciens - Scene of the crime, A complete lowlife - au plus récent - Catwoman, Gotham Central - et donc Sleeper.

Si Sleeper était une série télévisée, ça serait un mix entre The Sopranos (pour le côté bad guys) et Alias (pour le côté empire du mal qui gouverne le monde en sous-main). Côté BD, Sleeper se positionne entre Top Ten (après leurs journées de travail, les super-villains vont boire et jouer au billard dans des bars glauques) et Powers (une atmosphère noire assez violente).

Extrait de SleeperHolden Carver, le personnage principal de Sleeper, est un agent infiltré dans une organisation criminelle dirigée d'une main de fer par un certain Tao. En place depuis plusieurs mois, Carver fréquente quotidiennement des gens pas très recommendables (Genocide Jones, une grosse brute qui rêve de tuer tout le monde, Miss Misery qui prend son pied en bastonnant des personnes, etc.). Peu à peu, il gravit les échelons de l'organisation et s'enfonce de plus en plus profondèment dans sa mission d'infiltration. Le problème, c'est que son chef de mission, la seule personne qui sait de Carver est du côté des "gentils" est dans le coma suite à un accident. Je vous laisse découvrir la suite.

L'intérêt de Sleeper c'est le scénario sans complaisance de Brubaker qui montre l'immersion d'un agent des services secret dans une organisation criminelle et qui est si profondèment infiltré qu'il en perd parfois son identité et sa mission première. Pour rajouter encore à l'ambiance déjà très lourde, Brubaker a également doté Carver d'un pouvoir pour le moins étrange : il est en quelque sorte une sorte de "réservoir à douleur". Je m'explique : il est capable d'emmagasiner la douleur physique qu'il subit et de la restituer à une autre personne par simple contact corporel. Une scène le montre par exemple demander à son coéquipier de lui tirer plusieurs balles dans le corps pour ensuite terrasser un assaillant en lui transmettant la douleur des impacts. Cette insensibilité à la douleur l'empêche également de ressentir d'autres sensations tels que le plaisir sexuel par exemple sans que l'acte ne soit accompagné d'actes de violence. Vous voyez le genre...

Page 3 du premier épisode de SleeperAutre intérêt du scénario, c'est son côté "conspiration" avec une organisation criminelle qui régit le monde dans l'ombre. On est à fond dans l'espionnage avec des agents doubles, des réunions secrètes, des manipulations, des trahisons, etc.

Le tout est magnifiquement mis en image par Sean Phillips qui excelle dans ce genre très noir. L'encrage est lourd sans perdre de lisibilité, rejoignant ainsi l'effet auquel parvient également Michael Gaydos sur le comics Alias. J'aime beaucoup son découpage et son sens de la narration qui restitue aussi bien les scènes d'action que les scènes plus calmes. J'ai juste un peu de mal avec le détourage systématique des cases dans les planches. Le découpage de Gaydos me semble par exemple beaucoup plus varié. Malgré ce reproche, je trouve le dessin très efficace et très expressif. La mise en couleurs n'est pas en reste non plus.

Bref, une série hautement recommandable pour les amateurs de série noire, d'espionnage et d'action. A noter que le deuxième TPB (épisode 6 à 12) sort fin juin chez Wildstorm.

Sleeper : Out in the cold - Ed Brubaker - Sean Phillips - DC Wildstorm

mardi 16 mars 2004

Notes pour plus tard, Le Cirque aléatoire et La Nouvelle Manga Digitale

Notes pour plus tard de Jonathan LarabieTout d'abord, laissez moi vous parler d'un petit album bien sympa que m'a offert Ceransky : Notes pour plus tard de Jonathan Larabie. Il s'agit d'un recueil édité à compte d'auteur (36 pages, 100 ex.) qui regroupe des dessins fait au début de l'été 2003. Un dessin par page, une page par jour. Pas vraiment de l'autobio mais plus des billets et des pensées. Avec un style léger et délicat, Jonathan nous offre une petite incursion dans son monde. Bonne nouvelle, le monsieur a un site personnel que je vous invite à visiter pour découvrir le reste de sa production.

Sinon, j'ai également lu le premier tome du Cirque aléatoire de Sylvain Ricard et Christophe Gaultier. J'ai bien aimé l'album mais j'ai trouvé que certaines ellipses étaient un peu maladroites au niveau du scénario. En tous les cas, l'idée qui sous-tend la série est bien sympa ( enquête menée par une troupe de cirque iténérante ) et le dessin de Gaultier est toujours aussi séduisant (avez-vous vu l'exposition sur Bulledair.com). Je pensais que la fin était un clin d'oeil à Scoubidou (l'ambiance un peu fantastique et la révélation finale avec explication des indices qui pointaient vers cette direction) mais Sylvain m'a dit que non. Bref, une série à suivre.

Nouvelle Manga Digitale #5Du côté de la toile, je vous signale la mise en ligne de Fuseki, la 5ème Nouvelle Manga Digitale de Fred Boot. Peut-être un peu moins sensuelle que certaines autres (ah, Aiko...) mais je reste très admiratif du travail de Fred. J'aime beaucoup sa créativité et son esthétisme. A noter que la prochaine NMD sera en ligne mi-mai.

Pour finir et si vous ne le connaissez pas déjà, je vous conseille l'excellent blog de Mélaka : c'est frais, ça bouge et il y a plein de dessins. Ces dernières jours, on a eu droit à un grand concours Roxane, un compte-rendu WE et une foultitude de dessins quotidiens. Ah, elle est dynamique cette jeune fille ! :)

lundi 15 mars 2004

Compte-rendu du Festival de Bourg-lès-Valence

Sylvain Moizie sur le stand de L'Institut PacômeCe weekend, je me suis donc rendu à la troisième édition du Festival de Bourg-lès-Valence dont la particularité est d'être plutôt orienté "BD alternative" (commencez pas à pinailler sur le terme, vous voyez bien de quoi je parle). Il y avait des expositions, des rencontres-débats, des ateliers, une fabrique de fanzine ouverte pendant toute la durée du festival et plein d'autres bonnes choses. Côté exposants, on trouvait entre autres Atrabile, Ego comme X, FLBLB, Fremok, Les Requins Marteaux mais aussi des collectifs comme Le Groinge, Le Journal de Judith et Marinette et Rhinocéros contre éléphant ( Prix du meilleur fanzine à Angoulême 2004 ).

J'ai découvert plein d'albums très intéressants comme par exemple ceux de L'Institut Pacôme, un collectif strasbourgeois avec des auteurs tels que Sylvain Moizie ( qui sort d'ailleurs bientôt La Bête qui mangeait tout chez La Boîte à bulles ), Simon Hureau ( également auteur de Palaces chez Ego comme X ) et Jonas. Tous les trois étaient présents sur leur stand et présentaient leurs dernières livraisons. Il faut voir le soin qu'il apporte à la fabrication de chacun de leurs albums : c'est impressionant. Je vous invite d'ailleurs à visiter leur site même s'il n'a pas été mis à jour depuis assez longtemps.

Lewis Trondheim, Frederik Peeters et Pierre WazemSur le stand Frémok, Yvan Alagbé signait ses livres et en particulier le magnifique Nègres Jaunes que je me suis empressé d'acheter. A signaler qu'il travaille actuellement sur un troisième volume qui devrait sortir bientôt. Sur le stand voisin d'Atrabile, on pouvait rencontrer Frédérik Peeters qui n'a pas ménagé sa peine pour satisfaire le public venu nombreux. Il travaille actuellement sur les pages de Koma T.2 que l'on attend avec impatience. Son comparse Pierre Wazem était également présent ( il travaille actuellement sur un projet de série ) ainsi qu'Alex Baladi bien que ce dernier ait passé la plupart de son temps à la fabrique de fanzine. En revanche, Ibn Al Rabin était absent et avait d'ailleurs dessiné un petit comix pour expliquer son absence mais Faudrait voir à voir, son nouvel album, était dispo sur le stand du Groinge. Il s'agit d'un pavé bien épais dont il a dessiné une page par jour entre juillet 2001 et juillet 2002 mais il ne s'agit pas d'auto-biographie. Enfin, a priori...

Un peu plus loin, Lewis Trondheim dédicaçait avec son habituel verve, son ukulélé posé à côté de lui. Le scoop de ce festival est d'ailleurs l'annonce de son intention d'arrêter la BD... en tant que dessinateur. Il a indiqué être lassé du dessin mais il souhaite continuer à écrire des histoires. On verra encore quelques albums dessinés par Trondheim - en particulier Carnet de bord 2002-2003, A.L.I.E.E.N et Lapinot T.8 - mais la plupart sont déjà terminés et leurs sorties plannifiées (voir la page projet de son site).

Sur le stand des Requins Marteaux, j'ai discuté avec Lucie Durbiano, illustratrice jeunesse et auteur de Laurence qui vient de sortir. C'est un premier album vraiment étrange que j'ai hâte de lire. Venue à la BD grâce à Charles Berberian, Lucie Durbiano est également la dessinatrice de Sno Pop dans le magazine de Bayard Jeunesse J'aime la BD.

Eric OmondJ'ai également pu discuter avec Sylvain Ricard, le scénariste de Banquise, Kuklos et Le Cirque Aléatoire. Avec son complice, Christophe Gaultier, ils planchent actuellement sur un Tohu-Bohu de plus de 100 pages qui devrait sortir avant la fin de l'année ( yeah ! du Gaultier en noir et blanc ). En revanche, on ne devrait plus les voir dans la collection Latitudes de Soleil mais plutôt dans celle de Dupuis, Aire Libre. Rien n'est signé pour le moment mais il y a un projet en cours d'élaboration.

Un des coins bien sympa de ce festival était la fabrique de fanzine où comme son nom l'indique, une floppée d'auteurs pro et/ou amateur réalisaient avec passion d'adorables petits comics. Après photocopie, agrafage et massicotage, les auteurs déposaient leurs oeuvres dans une grande caisse où le public pouvait se servir gratuitement, le tout sur fond de techno minimaliste. La photo ci-contre montre d'ailleurs Eric Omond découvrant celui de Drine dans lequel il apparaissait. C'était marrant de voir coude à coude Alex BaladiAndreas Kündig, Drine et June en train de dessiner.

Côté off du festival, il y a eu la visite de Lyon sous la direction d'Oslo (merci pour l'hébergement Mr Ducati) et de Julie, de longues conversations BD avec Xaxa (spécialiste des photos floues) et Ceransky ( futur papa !!! ), un début de BD dessinée à 4 mains avec June, un joli mini-comix dédicacé par Drine, la visite d'un magasin de BD occase très cool où j'ai trouvé une vieille édition du Ventre du Minnotaure de Fred Beltran ainsi qu'un vieil album archi-épuisé de Yoshihiro Tatsumi, des scoops du meilleur libraire de Besançon, contemplation de la planche originale #145 de Pilules Bleues qui vit désormais chez Guewan, de la trippaille lyonnaise en peu dure à digérer et un métro... hum pas très rapide pour descendre de la Croix Rousse.

Bref, un chouette festival avec de chouettes auteurs et de chouettes web-friends.

Sur un autre sujet, je salue le retour du blog de Matthieu Forichon qui avait subitement disparu le mois dernier (le blog, pas Matthieu).

samedi 13 mars 2004

En route pour Bourg-lès-Valence

Dans quelques minutes, je pars pour aller au Festival de Bourg-lès-Valence. J'ai pris un appareil photo pour vous faire un petit reportage photos à mon retour.

Hier, Craig Thompson, l'auteur du déjà classique Blankets, était en dédicace à la librairie Temps Libre à Vincennes. Je n'ai malheureusement pas pu m'y rendre mais j'ai notamment appris - SCOOP ! - qu'il allait travailler sur la suite de Blankets !!! A priori, ça devrait s'appeller Habibi et ça sortirait l'année prochaine aux Etats-Unis. Merci Marc pour l'information mais je reste quand même jaloux de ne pas avoir pu être présent. ;)

Allez, sur ce, je file. Passez un bon weekend et lisez bien. :)

jeudi 11 mars 2004

L'oreille gauche

Couverture de L'oreille gauche - M. Sapin - Le CyclisteDans la série oldie but goodie, j'ai lu hier soir l'oreille gauche. Il s'agit d'un album de Mathieu Sapin publié dans la collection comix du Cycliste. Tout d'abord, pour ceux qui ne connaissent pas encore cette collection, je précise que le nom de la collection fait uniquement référence au format et à la pagination des comics nord-américains (en l'occurence, couverture souple, 24 pages). C'est une chouette collection qui sert de tremplin aux auteurs en leur permettant de publier une histoire complète sans se lancer pour autant dans un album de 46 pages complet. On y trouve en particulier les premiers récits de Sylvain Vallée, Jean-Philippe Peyraud, Alfred, Brüno et des tas d'autres.

Bref, toujours est-il qu'une personne bien intentionnée m'a conseillé la lecture de L'oreille gauche et bien lui en pris puisque j'ai trouvé formidable ce petit album. On y découvre un jeune homme, plongeur dans un restaurant, qui s'installe dans une pension glauque où vivent des gens un peu bizarres. Sa seule diversion est la lecture d'Astra, un comics qu'il achètent au kiosque du coin. Raconté comme ça, ça n'a pas l'air exhaltant et pourtant j'ai pris beaucoup de plaisir à lire cette histoire. Avec un trait très simple, Mathieu Sapin sait parfaitement restituer l'atmosphère du quotidien et nous embarque immédiatement dans la vie très ordinaire de ce jeune homme.

A noter que l'auteur intercale entre les pages de son histoire, des pages extraites du comics que lit le personnage principal et là aussi, c'est du tout bon avec un trait proche de David Mazzuchelli et une ambiance très batmanesque.

L'oreille gauche - Mathieu Sapin - Le Cycliste - 4 euros

mercredi 10 mars 2004

Corps à corps, B.P.R.D. et Les pauvres aventures de Jérémie

Extrait de Corps à Corps - Mardon - DupuisCa y est, j'ai lu Corps à Corps le nouvel album de Grégory Mardon dans la collection Aire Libre de Dupuis. J'attendais cet album avec impatience et je n'ai pas du tout été déçu. Graphiquement tout d'abord, j'ai trouvé le trait de Mardon très délicat et très expressif. Le dessin a plus de corps que dans Cycloman par exemple.

Evidemment, le style est un peu référencé ( comment ne pas penser à Dupuy & Berberian par exemple ) mais Mardon trouve sa voie sans faire du sous-untel. J'ai également été séduit par l'histoire, une chronique douce-amère qui se déroule à Paris. Chaque personnage a ses propres blessures et se débat, souvent maladroitement, pour essayer de les surmonter : crise d'adolescence, crise de la quarantaine, etc. Par dessus tout, j'ai aimé la modestie de cet album qui fuit l'esbrouffe aussi bien dans le dessin que dans le scénario, mais qui tombe juste dans la description des problèmes ordinaires de notre société. Bravo !

Couverture de BPRD #1Côté comics, j'ai acheté et lu le premier numéro de B.P.R.D., écrit par Mike Mignola et dessiné par Guy Davis. Je ne suis pas un spécialiste de Mignola (pourtant j'aime beaucoup son graphisme) ni d'Hellboy mais j'ai eu envie d'essayer cette nouvelle série. Pour les ignorants comme moi, sachez que BDRD veut dire Bureau of Paranormal Research and Defense (je ne vous fais pas l'affront de traduire) et qu'il s'agit donc d'une équipe d'enquêteurs qui se penche sur des phénonèmes plutôt louches. Dans ce premier épisode, le truc louche, c'est une espèce d'énorme champignon/moisissure étudié en laboratoire par des chercheurs, qui a tendance à transformer les gars en blouses blanches en gros batraciens monstrueux. Mais attention, les membres du BPRD sont plus proches de la ligue des gentlemen extraordinaires que de Ghostbusters. Les spécialistes de Mignola les reconnaitront puisqu'ils sont pour la plupart issus d'épisodes de la dite série et des nombreuses mini-séries associés. Perso, je ne les connaissais pas mais ce premier épisode réussit à les introduire sans trop les dévoiler. Bref, j'ai bien aimé et je pense acheter le numéro 2. A noter que contrairement aux comics Marvel ou DC, il n'y a pas de pubs dans l'histoire !!!

Enfin, j'ai lu Le pays de la soif, le deuxième tome des pauvres aventures de Jérémie de Riad Sattouf. Hum. J'avais beaucoup aimé le premier tome : c'était frais, drôle et efficace. Et là, comme dire... bin j'ai été déçu. Riad applique la même recette que dans le premier tome sauf que cette fois, ça se passe à la plage. Malgré quelques scènes bien réussies, l'ensemble reste trop proche du premier épisode, la poésie en moins. Bref, un album pas indispensable et c'est dommage car Sattouf a pourtant du talent.

vendredi 5 mars 2004

Le Citizen Kane de la Bande Dessinée

Dans une interview au magazine PepperPlug, Alan Moore parle de la Bande Dessinée comme un art primaire. Il indique notamment que la « BD est très jeune. [...] Donc forcément, même si elle compte quelques chefs-d’oeuvre, la plupart sont encore à créer. Nous n’avons pas encore connu notre "Citizen Kane" en BD ! ».

Ce qui vaut à Citizen Kane son statut particulier dans le cinéma, c'est que ce film brille à la fois par le fond et par la forme. En BD, certains auteurs explorent très en avant le language graphique mais le sujet n'est pas à la hauteur. Réciproquement, certains auteurs s'attaquent à des sujets "costauds" mais néglige la narration graphique. Attention, je n'oppose pas dessin et scénario, je distingue le language graphique (dessin, cadrage, découpage, narration, phylactères, onomatopées, etc.) et le sujet (le thème de l'histoire). Au moins, un album me semble exceller dans les deux doamines : Maus d'Art Spiegelman. Il y en a - ou en aura - sûrement d'autres, après tout, il est vrai que c'est un art bien plus jeune que la peinture, la sculpture ou la poésie. Peut-être n'en sommes nous qu'aux balbutiements ? On a l'impression qu'il y a une profusion d'albums mais en même temps, tant de thèmes n'ont pas encore été abordés. Quand je lis les deux ouvrages de Scott McCloud ( Understanding Comics et Reinventing Comics ), j'ai l'impression qu'on a à peine effleuré les possibilités de la BD et je trouve ça enthousiasmant. Vous imaginez tout ce qui nous attend encore ? :)

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