Couverture de Ultimate Six"Bendis a-t-il perdu la main ?" C'est la question que je me pose à la lecture des dernières productions de Brian Michael Bendis. Attention, je ne lis pas tous les comics scénarisés par Bendis car il y en a un paquet et il est donc possible qu'il y en ait aussi des bons mais force est de constater que ceux que j'ai lu ces derniers temps sont plutôt médiocres voire carrèment mauvais.

Pièce à charge numéro 1 : Ultimate Six

Ultimate Six est un cross-over en 7 épisodes entre The Ultimates et Ultimate Spider-Man, qui raconte comment 5 ennemis héréditaires de Spider-Man (Dr. Octopus, Electro, l'Homme-Sable, Kravent le Chasseur et le Bouffon Vert) s'associent pour enlever Peter Parker et l'obliger à faire parti de leur groupe. En face, Nick Fury et les Ultimates tentent de les arrêter. Le scénario est si mince qu'elle n'aurait même suffit à constituer l'intrigue secondaire d'un épisode de Stan Lee. Ce n'est qu'un prétexte pour dessiner des scènes d'action pleine page inintéressantes où il serait difficile de retenir un baillement s'il fallait plus de 3 minutes montre en main pour lire l'épisode. A oublier très vite.

Couverture de Secret War #1Pièce à charge numéro 2 : Secret War

Rappelons que Secret Wars est le nom d'un énorme cross-over publié par Marvel en 1984-1985 et qui réunissait une floppée de super-héros et de super-vilains sur une planète lointaine où un être supérieur appelé The Beyonder voulait étudier les concepts du bien et du mal en organisant son propre tournoi. Ce premier cross-over fut suivi d'un deuxième qui reste dans les annales comme un nanar ridicule. Et voilà que Bendis, qui va bientôt devenir archéologue à force de remuer le passé, décide de revisiter le concept en lançant sa propre version de Secret War.

Cette fois, il s'agit d'une espèce de conspiration de super-vilains sur lequel enquête... Nick Fury ( bientôt rebaptisé Nick "Bendis" Fury ). Il semblerait qu'une puissance étrangère cherche à déstabiliser les Etats-Unis en financant les exactions des dits super-vilains. Certes, il ne s'agit que du premier épisode mais franchement, ça pourrait être plus enthousiasmant. Si l'on fait abstraction de la campagne marketing qui a précédé le lancement du premier numéro et des dessins de Dell'Otto, il n'y vraiment pas de quoi fouetter un chat.

Extrait de The Pulse #1Pièce à charge numéro 3 : The Pulse

Alias ( rien à voir avec la série télé ) était à mes yeux une des meilleures séries de Bendis. En quelques mots, la série racontait la vie de Jessica Jones, une ancienne super-héros reconvertie en détective privé, qui essayait, entre ses problèmes d'alcool et de relations sentimentales, de gagner sa vie en enquêtant sur les différentes affaires que lui apportaient ses clients. A la manière d'Alan Moore dans The Watchmen, Bendis explorait la vie d'un super-héros après s'être retiré. C'était inspiré, intelligent et magnifiquement mis en scène par Gaydos. Mais, la révélation du passé de Jones dans le dernier story-arc a conduit Bendis à clôturer la série pour en relancer une nouvelle, The Pulse. Savoir arrêter une série en plein succès plutôt que de rallonger la sauce est une bonne idée et on ne peut que saluer le courage de Bendis. Dommage qu'il n'ait pas suivi cette idée jusqu'au bout.

The Pulse, c'est le nom du supplément du Daily Bugle que confie Jonah Jameson à Jessica Jones et Ben Urich en leur demandant de pondre des articles sur les super-héros dans une tentative de reconquête des lecteurs. La faiblesse du pitch est à la hauteur de la médiocrité des dessins. A croire que ce n'est plus le même scénariste. Là où Alias excellait à décrire le combat personnel d'une trentenaire pour retrouver un sens à sa vie, The Pulse nous offre une caricature du même personnage dont on ne comprend pas les raisons personnelles qui la pousse à accepter le job offert par Jameson. Vous ai-je aussi dit que le dessin est d'une médiocrité affligeante ? Non, parce que vraiment, il l'est.

Je pourrais également rajouter Ultimate Fantastic Four mais on croirait que je m'acharne. Même le story-arc Hardcore de Daredevil n'était pas terrible et le nouveau n'a pas l'air mieux.

Evidemment, si je me permets d'être si sévère avec Bendis c'est parce qu'il a fait bien mieux dans le passé que cela soit dans ses séries noires ( Goldfish, Torso, Jinx, etc. ) que sur les excellents séries que sont Powers et Alias ou bien même sur les récents épisodes de Daredevil ( les story arcs Out, Underboss et Low-life). Est-ce la multiplication des projets ( Ultimate Spider-man, Ultimate X-Men, Powers, Daredevil, Ultimate Six, The Pulse, Alias, Secret War, Ultimate Fantastic Four, etc. ) ? Est-ce l'usure ? Michael, reprends-toi !

Attention : il semblerait que les séries sus-mentionnées aient reçu des critiques très favorables aux Etats-Unis ( un exemple ). J'ai lu ces chroniques et je persiste dans mon point de vue mais je vous conseille toutefois de ne pas me croire sur paroles et de vous faire votre propre opinion. Mais je vous aurais quand même prévenu... :)