Stan Getz illustré par Jérémy Soudant ( 2 CD + 1 BD )Samedi, j'ai donc passé la journée à Angoulême pour ce-que-vous-savez. Le réveil fut matinal et j'ai profité du voyage en TGV pour lire quelques ouvrages en retard dont Ceux qui rampent de Gabriel Delmas chez Delcourt ( un album fort réussi dans la lignée de son précédent album Le Psychopompe ) et Daredevil #56 de Brian Michael Bendis et Alex Maleev chez Marvel ( le retour en force du duo après quelques mois d'absence ).

Dans le train, j'ai discuté avec Nancy Peña ( auteur du Cabinet chinois chez La Boîte à bulles ) et Jérémy Soudant qui illustre Stan Getz dans la collection BD Jazz des Editions Nocturne ( voir ci-contre ). Nous avons notamment parlé du rapprochement entre la musique et la BD et de sa déclinaison dans la collection BD Jazz. J'ai d'ailleurs appris que cette dernière va s'agrandir avec un format à l'italienne, plus de pages et de nouveaux genres musicaux ( Reggae, l'Electro, le Rock, le Blues, etc. ). Il recherche d'ailleurs des auteurs, donc si vous êtes intéressés, n'hésitez pas à les contacter.

Arrivé sur place, c'est déjà le chaos : dès l'ouverture, des milliers de fans se sont précipités vers les files d'attente pour les dédicaces. La Bulle Sud notamment ( Delcourt + Soleil ) était prise d'assaut et je l'ai donc fuit rapidement après avoir salué Obion et Kris qui dédicaçaient le premier tome du Déserteur. Kris m'a confié travailler actuellement avec Gelmir sur une histoire se déroulant en Irlande, un sujet qui lui tient à coeur depuis un séjour là-bas. Egalement au programme, un nouveau projet avec Julien Lamanda ( dessinateur de Toussaint 66 ) en couleurs directes et Land Soldier avec Mike donc nous vous avions montré quelques extraits sur BDnews.net. De son côté, Kris avance sur le prochain tome du Déserteur.

Nabiel KananRejoint par Guewan de Bulledair.com, je me suis dirigé vers la Bulle Nord pour visiter des stands un peu moins fréquentés. Tout d'abord, le stand de la Boîte à bulles où j'ai fait la connaissance de Nabiel Kanan auteur de Fille perdue ( chronique à venir sur BDnews.net ) ainsi que Vanyda qui dédicaçait L'immeuble d'en face. Nabiel ( photo à droite ) m'a fait part de son enthousiasme de contribuer aux premiers pas d'un nouvel éditeur et de voir Lost girl traduit en français. Etant anglais, il lui est très difficile de publier au Royaume-Uni car l'industrie du comics y est quasi-inexistante. Rencontre également très amicale avec Vanyda qui m'a expliqué le parcours de son Immeuble d'en face : originellement publiées par tranche dans un fanzine, ces histoires avaient déjà fait l'objet d'une première compilation en auto-édition avant de tomber dans les mains de Vincent Henry qui a souhaité les re-publier en album. Nourrie d'influences Manga mais aussi de récits plus intimistes, Vanyda avait contacté Frédéric Boilet à propos de la Nouvelle Manga ( voir le manifeste sur le site de l'auteur ). Intéressée par le travail de la dessinatrice, ce dernier a accepté de signer la préface de l'album.

Album anniversaire d'ego comme xC'est ce même Frédéric Boilet que j'ai ensuite retrouvé sur le stand d'ego comme x en compagnie de Simon Hureau qui m'a gentiment dédicacé Palaces, un album magnifique qui raconte son voyage au Cambodge. Ca a été aussi l'occasion pour les deux auteurs d'échanger leur regard sur ce pays puisque Frédéric l'a également visité. Pas de projet concret pour Boilet mais il m'a dit que les quelques pages dessinées pour le dernier hors-série de BAM lui avait donné l'envie de s'y remettre. Au passage, j'en ai profité pour récupérer le livre hors-commerce qu'ego a publié à l'occasion de ses 10 ans. Offert pour tout achat d'un montant supérieur à 40 euros, l'album contient une quarantaine de pages signées Xavier Mussat, Philippe Squarzoni et Fabrice Neaud ( couverture ci-contre ).

Jason sur le stand d'AtrabileUn passage sur le stand d'Atrabile m'a permis de faire la connaissance de Jason, l'auteur de Attends, Chhht ! et Le char de fer, qui m'a confirmé la sortie en français d'un nouvel album avant la fin de l'année ( à gauche en vert sur la photo).

En revanche, impossible de trouver Ibn Al Rabin malgré une course poursuite avec Guewan dans tout Angoulême; l'occasion d'ailleurs de passer voir l'Atelier Sanzot et la Bulle New-York avec tous les fanzines. Du coup, je me rabats sur ses albums et achète Retour écrémé et Friture sur les conseils de Guewan. Si vous ne connaissez pas ce drolissime petit album ( encore plus petit qu'un patte de mouche de L'Association ), je vous conseille de le dénicher. On y voit un "combat" entre Ibn Al Rabin et Frederik Peeters, chacun fustigeant le genre de prédilection de l'autre ( la BD minimaliste d'un côté, la BD intimiste de l'autre ). Hilarant ! A noter une apparition d'Andréas Kündig à la fin qui les renvoie dos à dos. Voilà un euro bien dépensé. :)

Après l'avoir raté deux fois sur le stand d'Atrabile, j'ai enfin pu rencontrer Frederik Peeters sur le stand des Humanos où il m'a dédicacé le deuxième tome de Lupus. Très détendu, Frederik a répondu avec gentillesse à mes questions sur Koma. En particulier, il m'a expliqué que les noirs très ( trop ? ) présents sur le premier tome tendraient à disparaitre peu à peu à mesure que l'histoire se déroule et que lui aussi convenait qu'une pagination de 44 pages n'était pas le plus approprié pour ce genre d'histoire. Interrogé sur le mauvaise qualité des noirs, il a raconté sa colère lorsqu'il avait vu les premiers albums sortis de presse. Pour une raison inconnue, les noirs n'ont pas été "soutenus" ( opération consistant à renforcer les noirs en faisant déborder les couleurs sous le film noir ) ce qui explique leur aspect grisâtre qui reflète la lumière. Il a indiqué que la prochaine édition ainsi que les futurs tomes seront corrigés. Le prochain tome est d'ailleurs prévu pour mai 2004. Mais comment fait-il tenir ce rythme me direz-vous ? Facile, il dessine une page par jour !!!

Sur la neige d'Aubin et Pierre WazemEgalement sur le stand Les Humanoïdes Associés, j'ai fait un petit bonjour à Christophe Bec qui faisait des dédicaces superbes au feutre noir et à la craie et j'ai discuté avec Aubin qui vient de réaliser Sur la neige, un premier album dans la collection tohu-bohu sur un scénario de Pierre Wazem ( voir ci-contre ). Je n'ai pas encore eu le temps de lire l'album mais ça a l'air bien sympa. A noter que son prochain projet est une série avec Laurent Rullier, le scénariste de la série Victor Levallois ( également chez les Humanoïdes Associés ).

Apercevant Seth quasiment seul sur le stand Casterman, je vais le saluer et en profite pour lui faire dédicacer ma version un peu ancienne de It's a good life if you don't weaken. Toujours sur le stand de Casterman, je félicite Charles Masson pour le Prix France Info qu'il a reçu pour Soupe froide. On discute un peu de l'album et des retours qu'il a reçu. Il est visiblement content du prix et m'indique qu'il va travailler sur de nouveaux albums dans la même veine, mais peut-être un peu moins morbide, tout en poursuivant son travail de médecin ORL.

Sur le stand Vertige Graphic, j'ai croisé Guillaume Long ( l'auteur de Comme un poisson dans l'huile et Les sardines sont cuites ) en pleine lecture du premier numéro de Black, une revue italienne qui débarque en France en partenariat avec Coconino Press. J'ai profité de la présence de Chantal Montellier sur le stand pour discuter avec elle de la fâcheuse histoire qui l'oppose à Willem et Libération. Difficile d'apprécier la situation avec seulement sa version mais toujours est-il qu'ayant perdu son procès qui l'opposait à Libération, elle a été condamnée à payer plus les 1000 euros de frais judiciaires engagés par le journal. Du coup, j'ai acheté Social Fiction, son album sélectionné dans la catégorie Prix du patrimoine.

Presque de Manu Larcenet aux RêveursApercevant sur le stand de L'Association, Jean-Christophe Menu, David B.Melaka et Vincent Vanoli, j'en profite pour aller discuter avec ce dernier ( petite pensée pour Oslo ) avant de passer devant le stand des Réveurs où Manu Larcenet dédicace à tour de bras ses albums.

Juste le temps de rater pour la troisième fois Oliver Jouvray sur le stand de Paquet et de dire bonjour à un Sylvain Ricard content d'avoir retrouvé sa trousse avec tous ses scénars mais un peu triste de repartir sans le Prix du meilleur premier album et me voilà en route pour la gare TGV. Dans le train du retour, j'essais de lire le dernier numéro de Bo-Doï mais le ronron SNCFien m'endort. 23h45, arrivée à l'appart. Un coup d'oeil sur le net me fait découvrir le Grand Prix attribué à Zep ( et oui, sur place, on ne rend compte de rien ). Juste le temps de poster la nouvelle sur BDnews.net et je me glisse dans le lit à 1h du mat'.

Angoulême, c'est bien mais c'est épuisant :).